Hivernale dans le Queyras
Randonnée en raquettes et en itinérance
78 km et 4 046 m de D+
Mardi 25 février 2025
1ère étape : Ceillac – Le Villard – col des Estronques – Saint-Véran (4 h 00, 14 km et 1 215 m de D+).
Aujourd’hui, au départ du gîte d’étape Les Baladins, c’est plutôt couvert et des chutes de neige sont même annoncées en altitude. Pour cette première étape, nous devrons franchir le col des Estronques à 2 650 m d’altitude.
Pour réaliser cette randonnée hivernale dans les meilleurs conditions de sécurité, nous sommes bien entendu muni chacun d’un équipement indispensable : pelle, sonde et DVA (Détecteur de Victime d’Avalanche).
Avant de partir, et ainsi que nous le ferons tous les matins afin de valider la sortie, nous consulterons le BERA, le Bulletin d’Estimation du Risque d’Avalanche). Ce matin, pour le massif du Queyras, le BERA indique un risque de niveau 2 sur 5 au dessus de 2 000 m. Un risque acceptable, surtout que l’enneigement est plutôt faible pour la saison. Cela devrait donc faciliter notre passage du col des Estronques. Et nous grimpons sous un ciel gris avec sur le dos des sacs bien chargés.
En arrivant au col, la neige tombe déjà depuis un bon moment. Il y a du vent, il fait froid et nous ne nous attardons pas. Une longue descente nous attend maintenant pour rejoindre Saint-Véran et le gîte d’étape Costebelle.
La neige est profonde sur le versant nord, la progression dans la poudreuse est difficile avec les raquettes et la visibilité plutôt limitée. Nous devons suivre la trace enregistrée sur notre GPS pour rester sur le bon chemin. Et nous sommes tous heureux d’avoir pu terminer cette première étape. Demain, la météo prévoit sur l’ensemble du massif du Queyras un temps plus favorable. Tant mieux !
Mercredi 26 février 2025
2ème étape : Saint-Véran – sentier de la chapelle Clausis – col de Chamoussière – refuge Agnel (3 h 30, 12,5 km et 1 007 m de D+)
Ce matin, à travers les fenêtres du gîte d’étape Costebelle, j’aperçois un beau soleil dans un grand ciel bleu. Nimbée de lumière, la montagne est magnifique. Ce sera une belle journée de marche ! Et selon le BERA le risque d’avalanche reste toujours limité.
Pour nous mettre en jambes, nous empruntons le très joli sentier qui mène à la chapelle de Clausis. Un dénivelé assez faible qui suit la vallée de la Blanche et qui monte en pente douce pendant 6 km jusqu’à un petit pont qui franchit l’Aigue Blanche, un joli torrent de montagne.
Nous sommes à présent au pied de la principale difficulté du jour : le col de Chamoussière qui culmine à 2 884 m d’altitude. Une longue ascension effectuée sur une neige dure et compacte qui nous permet de progresser assez facilement. Sur notre droite, le pic de Caramantran (3 025 m). Situé à la frontière franco-italienne, il est l’un des 28 sommets du Queyras qui dépasse les 3 000 m. Arrivés au col, nous prenons la traditionnelle photo souvenir : ce fut une belle montée ! Il ne nous reste plus qu’à redescendre vers le refuge Agnel. C’est là que nous passerons la nuit prochaine, à 2 580 m d’altitude, à deux pas de la frontière italienne.
Jeudi 27 février 2025
3ème étape : refuge Agnel – col Vieux – lac Foréant – lac Égorgeou – La Monta (3 h 15, 12,8 km et 307 m de D+)
Il existe parfois dans l’existence des journées parfaites. Celle-ci en fut une ! La météo est au beau fixe, la température est idéale, il n’y a pas de vent et notre trio s’entend à merveille. Depuis le refuge Agnel, nous avons commencé par grimper en direction du col Vieux (2 806 m d’altitude). Une ascension facile, car notre point de départ du refuge Agnel est déjà assez haut (2 580 m). Arrivés là-haut, nous avons admiré le lever de soleil sur le Pain de Sucre, un joli sommet situé à la frontière franco-italienne et culminant à 3 208 m.
À partir du col Vieux, nous marchons plein nord vers L’Échalp et La Monta. Une longue descente en pente douce qui nous fait passer sur deux lacs gelés : le lac Foréant et le lac Égorgeou. C’est là que nous croisons une section de chasseurs alpins en tenues de combat. Nous les avions déjà rencontrés la veille au soir au refuge Agnel. Ils appartiennent au 4ème RCh et sont basés à Gap. La montagne est leur lieu d’entraînement. Elle est notre terrain d’aventure.
Paysages somptueux, progression facile, soleil généreux, température idéale : je suis heureux d’offrir à mes amis le Queyras sous son plus beau jour !
Vendredi 28 février 2025
4ème étape : La Monta – Ristolas – Abriès – Aiguilles – Prats-Hauts – Molines-en- Queyras (5 h 30, 23,3 km et 748 m de D+)
Le gîte du Villard, le tout premier créé dans le Queyras, est désormais fermé en hiver. Au fil du temps, cette ancienne ferme était devenue une halte incontournable dans le Tour du Queyras. Nous nous y étions d’ailleurs arrêté en septembre dernier avec les Randonneurs de Mafate. Mais pour Philippe et Martine, l’âge de la retraite a désormais sonné. Et le gîte du Villard n’est plus ouvert durant la saison hivernale. C’est bien dommage. J’aurais bien aimé faire découvrir à mes amis la Crête de Gilly et son point de vue magnifique sur la vallée du Guil et sur le mont Viso. Mais cela aurait constitué une trop longue étape pour rejoindre notre gîte à Molines.
Au départ de La Monta, nous empruntons donc un sentier qui va traverser successivement les villages de Ristolas, Abriès, Aiguilles et Prats-Hauts. C’est ce qu’on appelle une étape de transition. Nous avons provisoirement quitté la haute montagne pour cheminer en pleine forêt. Toute la journée, nous évoluons sur le versant nord. Le soleil s’y fait plus rare et la piste est totalement verglacée. Mais nos raquettes disposent de solides crampons qui nous permettent d’éviter la glissade. Une longue journée de marche récompensée par un dîner pantagruélique au gîte d’étape Les Arolles à Molines-en-Queyras.
Samedi 1er mars 2023
5ème étape : Molines-en-Queyras – col des Prés Fromage – col Fromage – Le Villard – Ceillac (3 h 45, 15,4 km et 769 m de D+)
Cartographie © Komoot
