Le tour du Cap Corse
170 km et 2 608 m de D+
Souvent décrit comme une île dans l’île, cette péninsule forme une avancée dans la mer d’une quarantaine de kilomètres de long et de 12 à 15 km de large. Cela pourrait sembler une balade facile, mais il s’agit d’une chaîne montagneuse qui divise le Cap dans sa longueur. Le dénivelé est donc important. Mais pour une première expérience du cyclotourisme dans l’Île de Beauté, le tour du Cap Corse constitue une magnifique entrée en matière.
Après avoir déambulé dans les ruelles pittoresques d’Erbalunga, nous continuons de suivre le littoral qui déroule devant nous toute sa beauté. La marine de Pietracorbara avec la plage de sable blanc d’Ampuglia nous invite à la baignade. Difficile de résister… L’eau limpide y est délicieuse !
Pietracorbara, Meria, Macinaggio… Au cours de cette première étape, et des suivantes, nous découvrons un peu partout les fameuses tours génoises. Construites au XVIe siècle, ces édifices avaient pour rôle de surveiller l’horizon et de défendre le littoral contre les invasions turques. En cas d’alerte, un grand feu était allumé au sommet de la tour. Aujourd’hui, sur les 85 dénombrées au début du XVIIIe siècle, 67 sont encore debout. Ces sentinelles de pierre constituent un patrimoine emblématique de la Corse.
Ancien port de pêche et de commerce au temps de la marine à voile, Macinaggio est devenu aujourd’hui un agréable port de plaisance. Il fait face à l’île de Capraia et à l’île d’Elbe, où Napoléon 1er a été exilé 300 jours entre 1814 et 1815. Arrivés tranquillement dans l’après-midi, nous avons encore le temps d’aller randonner à pied sur le sentier des douaniers qui débute après la plage de Macinaggio. Ce chemin permet de suivre toute la partie nord du Cap Corse jusqu’à Barcaggio.
Située à environ 1 mille marin de Barcaggio, l’île de la Giraglia ne fait pas plus de hectares. À son sommet, se dresse le phare de la Giraglia bien connu des navigateurs (sa portée est de 100 kilomètres). Et maintenant, pour rejoindre Centuri, il nous faut remonter jusqu’au Col de la Serra. La Corse, ça se mérite ! Une fois arrivé au col, nous posons nos vélos et nous grimpons à pied au moulin Le moulin Franceschi, dit moulin Mattéi. C’est un ancien moulin à vent, parfois présenté comme une emblème du Cap Corse. Il faut dire que la vue y est splendide splendide ! .
À partir du Col de la Serra, nous glissons en douceur vers le petit port de Centuri qui, dès le XIXe siècle, s’est imposé comme une place de première importance pour la pêche à la langouste. Ajourd’hui encore, ce mets de choix constitue un rouage essentiel de l’économie locale. Les côtes de Centuri offrent des fonds rocheux profonds, un habitat naturel favorable à la langouste rouge de Méditerranée. Cette géographie a permis à Centuri de maintenir une pêche artisanale avec des bateaux de petite taille et des circuits très courts. Et sur la table, la fraîcheur de la langouste y est incomparable ! Quelles sont douces les soirées en Corse !
Et pour terminer cette magnifique journée, nous allons nous promener sur la jetée du port de Centuri en attendant que le soleil se couche et disparaisse à l’horizon. Pas un souffle de vent, l’air est doux, la magie de la Corse nous envoûte…
Vendredi 20 juin 2025
4ème étape : Canari – Nonza – Farinole – Saint-Florent (34 km et 292 m de D+)
Tout autour de nous, dans une nature encore sauvage, poussent le ciste, le lentisque et le myrte, plantes typiques du maquis corse. Après quatre jours d’efforts à vélo, nous gôutons avec délice la langueur marine… Bien loin des fracas du monde !
Durant la Seconde Guerre mondiale, au début du mois d’octobre 1943, le col de Thegime fut le théâtre d’une bataille importante pour la libération de la Corse. Mais en cette belle journée de juin, c’est une grande paix intérieure que nous ressentons.
Mardi 23 juin 2025
Pas trop long, mais quand même sportif, le tour du Cap Corse à vélo est sans doute l’un des plus beaux itinéraires cyclistes de Méditerranée. Un mélange idéal de mer et de montagne. Les plus entraînés pourront le faire en une journée, mais pour un circuit tranquille et plus contemplatif, le faire en plusieurs étapes est l’idéal. Dans un tel paysage côtier, entre falaises et tours génoises, eau turquoise et plages de sable blanc, petits villages accrochés à la montagne et routes vertigineuses, ce serait vraiment dommage d’aller trop vite ! À chacun de choisir son rythme. Petit conseil : faire le tour dans la sens inverse des aiguilles d’une montre, pour avoir toujours la mer du côté droit : le vue est encore plus belle !
Bilan : 5 étapes, 170 km et 2 608 m de D+, soit une moyenne quotidienne de 34 km et 521 m de D+
Cartographie © Komoot
