Ascension des géants d'Équateur

Carte de l'Équateur
Vendredi 17 octobre 2025
Ça va bien se passer… Mais Nestor n’a peut-être pas tort de s’inquiéter.
Notre petite équipe s’envole aujourd’hui pour Quito, en Équateur. Objectifs : l’ascension du Pasochoa (4.200 m), du Guagua Pichincha (4.787 m), du Rumiñahui (4 757 m), de l’Illiniza Nord (5 116 m) et du Cotopaxi (5 897 m).
Une expédition sportive et engagée, car les difficultés ne manquent pas : le froid, le vent, l’altitude extrême, le manque d’oxygène, le possible mal des montagnes et la présence de nombreuses crevasses. Cerise sur le gâteau : les prévisions météo ne sont pas très bonnes.
Mais c’est parti pour une nouvelle aventure ! Ne t’inquiète pas Nestor, ça va aller 😄
Départ en Amérique du Sud

Samedi 18 octobre 2025

Commencer doucement…
Perchée à 2 850 mètres dans la Cordillère des Andes, Quito est  l’une des capitales les plus hautes du monde. Avant d’envisager la suite de notre voyage, nous devons d’abord acclimater nos organismes à l’altitude. Et pour cela, rien de tel que de monter tranquillement admirer la Vierge du Panecillo composée de 7 400 pièces d’aluminium. Haute de 41 mètres, c’est la plus grande statue d’Équateur. Du haut de la colline, nous dominons la ville de Quito, devenue la capitale de l’Équateur indépendant en 1831. 
La Vierge du Panecillo
La ville de Quito
En redescendant du Panecillo (de l’espagnol petit pain), nous déambulons tranquillement dans les rues pavées de Quito, une très jolie ville fondée en 1534 par les Espagnols sur un ancien site inca.
Rassemblé autour de la Plaza Grande, son centre historique est le mieux préservé d’Amérique latine ! On y trouve de splendides églises baroques comme San Francisco, la Merced et la Compañía de Jesús, entièrement dorée à la feuille d’or ! C’est, dit-on ici, la plus belle église du Nouveau Monde !
Quito
Quito
Quito
Quito
Quito

Dimanche 19 octobre 2025

1ère étape : Ascension du Pasochoa (9,7km et 748 m de D+)

Première mise en jambes…
Situé à une trentaine de kilomètres de Quito, le Pasochoa est un volcan éteint depuis 100 000 ans. Culminant à 4 200 m, son sommet constitue un objectif idéal pour acclimater nos organismes à l’altitude. Règles de base : beaucoup s’hydrater et marcher lentement. Plus on monte, plus la pression atmosphérique diminue et il y a donc moins d’oxygène disponible pour chaque respiration. Et le cœur bat de plus en plus vite. On appelle cela l’hypoxie. Notre petite équipe a franchi avec succès – et avec bonheur – cette première étape !
Ascension du Pasochoa (Équateur)
Ascension du Pasochoa (Équateur)
Ascension du Pasochoa (Équateur)
Ascension du Pasochoa (Équateur)
Ascension du Pasochoa (Équateur)
Ascension du Pasochoa (Équateur)
Ascension du Pasochoa (Équateur)

Mais le Cotopaxi, qui culmine à 5 897 mètres d’altirude et dont nous apercevons le dôme enneigé, nous semble encore bien loin !

Le Cotopaxi, Équateur

Lundi 20 Octobre 2025

2ème étape : Ascension du Guagua Pichincha (13,1 km et 1 034 m de D+)

Un peu plus haut…
Notre acclimatation à l’altitude se fait petit à petit. Chaque jour, nous grimpons un peu plus haut que la veille, de manière progressive et régulière. Aujourd’hui, notre objectif était d’atteindre le Guagua Pichincha, un volcan encore actif culminant à 4 787 mètres. En 1999 , ses émissions de cendres ont recouvert Quito pendant plusieurs jours !
Ascension des géants d'Équateur
Ascension des géants d'Équateur
Ascension des géants d'Équateur
Ascension des géants d'Équateur
Ascension des géants d'Équateur
Ascension des géants d'Équateur

Cette fois encore, notre petit groupe a réussi à se hisser au sommet, en suivant Fausto Mayorga, notre guide équatorien. Mais le souffle devient plus court et le cœur bat plus vite. Ce soir, nous redescendons à l’hacienda San Joachim pour essayer de dormir à 3 200 m. Pas toujours facile de trouver le sommeil…

Sommet du Guagua Pichincha, Équateur
Ascension des géants d'Équateur
Ascension des géants d'Équateur
L'auberge San Joachim, Équateur

Mardi 21 octobre 2025

3ème étape : Ascension du Rumiñahui (11,8 km et 890 m de D+)

Nous sommes entrés dans le périmètre du parc national du Cotopaxi. Il se dresse devant nous, là-bas au loin, prêt à nous recevoir. Nous espérons que le jour de l’ascension, la météo sera aussi favorable qu’aujourd’hui.

Le Cotopaxi

Pour l’instant, et pour parfaire notre acclimation à l’altitude, c’est un autre volcan équatorien que nous allons gravir aujourd’hui : le Rumiñahui. Nous apercevons ses crêtes déchiquetées derrière les eaux calmes de la lagune de Limpiopungo. Ce lac peu profond est le rendez-vous des oiseaux aquatiques locaux et des migrateurs.  

Au nord du lac, un chemin conduit au sommet du Volcán Rumiñahui (4 721 m).  Nous sommes à 3 850 mètres d’altitude. 

Sur le sentier du Rumiñahui, Équateur
La lagune de Limpiopungo, Équateur
Sur le sentier du Rumiñahui, Équateur

À mesure que nous progressons dans les touffes d’herbes du páramo, les crêtes du Rumiñahui se font plus précises. Ce volcan éteint qui culmine à 4 757 m  porte le nom d’un illustre chef de guerre inca connu pour son immense bravoure. « Rumiñahui » signifie signifiant « œil de pierre » en langue quechua, ce qui témoigne de sa perspicacité et de sa force d’esprit. Le mont Rumiñahui est couronné de trois sommets imposants, offrant chacun une expérience unique. Entre les éperons rocheux et les pentes d’éboulis, leurs ascensions sont considérées comme difficiles. Cela nous fera une excellente préparation pour le Cotopaxi !

Sur le sentier du Rumiñahui, Équateur
Sur le sentier du Rumiñahui, Équateur
Sur le sentier du Rumiñahui, Équateur
Sur le sentier du Rumiñahui, Équateur
Sur le sentier du Rumiñahui, Équateur
Sur le sentier du Rumiñahui, Équateur
Sur le sentier du Rumiñahui, Équateur

Mercredi 22 octobre 2025

4ème étape : Ascension de l’Illiniza Norte (11,5 km et 1 175 m de D+)

Encore plus haut…
Pour s’acclimater à l’altitude, il faut monter et descendre. Remonter et redescendre… C’est ce que nous faisons maintenant depuis quatre jours. Après le Pasochoa (4 200m), le Guagua Pichincha (4 787m) et le Rumiñahui (4 757 m), nous avons franchi aujourd’hui la barre des 5000 mètres avec l’ascension de l’Illiniza Norte (5 116 m).
 
Sur le sentier de l'Illiniza Norte, Équateur
Sur le sentier de l'Illiniza Norte, Équateur
Sur le sentier de l'Illiniza Norte, Équateur

À cette altitude, chaque inspiration apporte deux fois moins de molécules d’oxygène qu’au niveau de la mer. Pour compenser, il faut respirer plus vite et c’est en haletant que je suis arrivé au sommet. La fatigue accumulée, la haute altitude et le manque de sommeil rendent l’exercice exigeant sur le plan physique. Mais tout le monde a réussi cette ascension de l’Illiniza Norte ! La journée de repos de demain sera quand même la bienvenue !

Sur le sentier de l'Illiniza Norte, Équateur
Sur le sentier de l'Illiniza Norte, Équateur
Sur le sentier de l'Illiniza Norte, Équateur
Sur le sentier de l'Illiniza Norte, Équateur
Sur le sentier de l'Illiniza Norte, Équateur
Sur le sentier de l'Illiniza Norte, Équateur

Jeudi 23 octobre 2025

Jour de marché en Équateur…
Après quatre jours d’ascension sur les volcans environnatnts, nous apprécions pleinement cette journée de repos bien méritée. En ce jeudi, nous profitons de notre temps libre pour déambuler tranquillement dans les allées coloreées du marché de Saquisilí
Marché de Saquisilì
Marché de Saquisilì
Marché de Saquisilì

Situé dans la province de Cotopaxi, c’est l’un des marchés indigènes les plus authentiques et les plus vivants de la Sierra équatorienne. Tous les habitants des communautés andines voisines descendent des montagnes pour y vendre fruits et légumes : babaco, maracuyá, mango, granadilla, ananas, banane… Un festival de goûts, de couleurs… et de sourires !

Marché de Saquisilì, Équateur
Marché de Saquisilì, Équateur
Marché de Saquisilì, Équateur

Sur le marché de Saquisilì, comme partout ailleurs dans le pays, les échanges se font en dollar américain. Le 10 septembre 2000, suite à une grave crise économique, le gouvernement équatorien a décidé de remplacer sa monnaie nationale, le sucre, par le dollar US.  Une décision radicale qui a permis de stabiliser l’économie et de juguler l’inflation. Mais au prix d’une perte de sa souveraineté monétaire. 

Marché de Saquisilì, Équateur
Marché de Saquisilì, Équateur
Marché de Saquisilì, Équateur

Vendredi 24 octobre 2025

Cette fois, nous sommes au pied du mur… Après un court trajet en minibus dans le parc national du Cotopaxi qui nous amène au bout de la piste carrossable, nous chargeons nos sacs et entamons la marche d’approche pour rejoindre le refuge José Rivas, situé à 4 864 mètres d’altitude. La visibilité est assez faible et il ne fait pas chaud, même à l’intérieur du refuge. Cette fois, nous allons rentrer dans le dur avec l’ascension du Cotopaxi. La nuit prochaine, à 0h30, nous ont dit les guides, nous allons quitter le refuge José Rivas, situé au pied du Volcán Cotopaxi. Il nous faudra environ 6 heures d’efforts continus pour nous hisser jusqu’au sommet à 5 897 m !
Nous allons devoir affronter  l’obscurité, le froid (entre -10 °C et -25 °C), le manque d’oxygène, la fatigue, le doute, la peur. Une expérience physique et mentale.
Dans les moments difficiles, nous nous souviendrons peut-être de cette phrase de Sir Edmund Hillary, le premier conquérant de l’Everest : « Ce n’est pas la montagne que nous conquérons, mais nous-mêmes ». Y parviendrons-nous ?
 
Refuge José Rivas, Cotopaxi, Équateur
Refuge José Rivas, Cotopaxi, Équateur

Samedi 25 octobre 2025

5ème étape : Ascension du Cotopaxi (6,9 km et 1 070 m de D+)

Culminant à 5 897 m, le Cotopaxi est un vrai défi, une épreuve d’endurance comparable à un marathon en pente raide… et en haute altitude. Physiquement, j’avais préparé cette ascension depuis des mois, mais j’avoue avoir souffert du manque d’oxygène. Impression d’être un poisson hors de l’eau !
 
Surtout dans la dernière partie, à 5 600 m d’altitude, lorsqu’il reste 300 mètres à gravir et qu’une pente à 45 degrés se dresse devant vous, alors que vous êtes déjà épuisé. Un véritable mur ! Il faut alors avancer pas après pas, le souffle coupé, le cœur battant et résister à l’envie d’arrêter. Ces 300 derniers mètres d’ascension furent pour moi un vrai chemin de croix. Mais abandonner n’était pas une option. Une seule pensée occupe mon esprit à cet instant : avancer.
Ascension du Cotopaxi, Équateur
L’arrivée au sommet du Cotopaxi fut à la fois une délivrance et une immense joie ! Parti du refuge à minuit et demi, j’ai mis 5 h 32 pour gravir les 1 070 m de D+ ! Je ne suis pas arrivé le premier au sommet. À 68 ans, j’étais le doyen du groupe et il y avait quelques bons sportifs. Till,  mon compagnon de chambrée, a 32 ans et court le marathon en 2 h 50 ! Mais l’âge compte moins que la volonté. Je n’étais pas le premier au sommet du Cotopaxi, mais je suis arrivé en haut ! L’âge compte moins que la motivation et la volonté.
Nous l’avons fait ! Lo hemos hecho !
 
Sommet du Cotopaxi, Équateur
Sommet du Cotopaxi, Équateur
Sommet du Cotopaxi, en Équateur
Sommet du Cotopaxi, en Équateur

Tout notre petit groupe a réussi l’ascension. Et nous avons eu la chance de bénéficier d’une excellente météo. Autour du drapeau équatorien, de gauche à droite, Fausto (guide), Manuel (guide), Laura, Meche (aspirante guide), Jean-Louis, Anne, Luis (guide), Till et Rachel. Merci à tous pour cette expérience sportive et humaine exceptionnelle !

Sommet du Cotopaxi, en Équateur

Lors de notre descente, alors que le soleil nous réchauffe agréablement, la tension retombe, le plus difficile est derrière nous, on commence à mieux respirer. Le corps est fatigué, mais l’esprit est léger. Nous sommes tous heureux d’avoir réussi à atteindre notre objectif. Reste mantenant à rester vigilant dans notre trajet de retour vers le refuge. Avec la fatigue accumulée, le relâchement mental, l’euphorie d’avoir réussi, la concentration peut diminuer fortement et l’accident reste possible. D’autant plus que la neige est plus molle qu’à la montée. Toutes les études s’accordent à dire que 75 % des chutes accidentelles en montagne se produisent à la descente.

Ascension des géants d'Équateur

Le Cotopaxi est derrière nous, magnifique et indifférent à notre passage. Nous n’avons pas vaincu la montagne, on a simplement été accepté par elle. Le corps est fatigué, mais l’esprit est léger. Une  question affleure déjà : et maintenant ?

Le Cotopaxi, en Équateur

Bilan : Cinq sommets gravis (Pasochoa, Guagua Pichincha, Rumiñahui, Illiniza Norte et Cotopaxi) pour un total de 53 km et 4 917 m de D+

Crédit documents et photos

Carte de l’Équateur © France Diplomatie ; photo descente Cotopaxi © Fausto Mayorga