Voilà un film que je ne pouvais pas manquer !
Pratiquant depuis quatre ans le voyage à vélo en France le long de Loire, le long de la Seine, autour de la Bretagne ou encore sur la Vélodyssée de Roscoff à Hendaye, il me semblait indispensable d’aller voir À bicyclette ! et de suivre les aventures de deux compères entre l’Atlantique et la mer Noire.
Le point de départ, c’est le suicide en septembre 2002 du fils de Mathias Mlekuz, Youri, âgé de 28 ans. Et pour tenter de faire son deuil, le père meurtri décide de partir à vélo sur les traces du disparu afin d’entreprendre le même voyage que lui. Et par amitié, Philippe décide de suivre Mathias sur les routes d’Europe. Tous deux n’ont rien de sportifs. L’un est en surpoids, l’autre un fumeur et un buveur invétéré. Cela aurait pu devenir une œuvre pathétique d’une insondable tristesse. Il n’en est rien. On rit, on s’amuse, on s’attache à ses deux personnages atypiques et à l’amitié qui les unit. On réfléchit avec eux au sens de la vie.
Reste l’objet cinématographique qui reste bien difficile à définir.
À bicyclette ! n’est ni tout à fait une fiction, ni tout à fait un documentaire. Et on est parfois mal à l’aise. Par exemple lorsque Mathias se met à pleurer la mort de son fils face caméra, agenouillé dans une église. Où s’arrête la sincérité ? Où commence le jeu d’acteur ? On s’interroge encore…
À bicyclette !, un film de Mathias Mlekuz, avec Philippe Rebbot et Josef Mlekuz (90 minutes)
