La Seine à vélo
777 km depuis les sources du fleuve jusqu'à la Manche
À l’été 2024, la Seine est la vedette mondiale de la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques de Paris. Jusqu’à ce jour, je dois avouer que je n’avais de la Seine qu’une image exclusivement parisienne : l’Île Saint-Louis, le pont Alexandre III, la façade du Louvre et du musée d’Orsay, les quais autour de Notre-Dame et les boîtes vertes des bouquinistes. Les traditionnelles images de carte postale. Comme je l’avais fait en 2021 avec la Loire, j’avais envie de mieux connaître ce grand fleuve français. Et pour cela, le vélo est le moyen de transport idéal ! Je raconte en détail cette belle balade dans mon livre La Seine en roue libre, publié aux Éditions Transboréal !
Laissant derrière moi la Cité des ducs de Bourgogne, je me dirige vers le nord-ouest. Cette première étape, ou plus plutôt ce petit prologue, est une jolie mise en jambes qui me fait traverser un paysage très bucolique. J’avoue avoir été particulièrement séduit par la Bourgogne. Il est très agréable d’y rouler à vélo. Et ce n’est que le début !
Samedi 2 septembre 2023
Situé en Côte d’Or, à 445 m d’altitude, voici le gîte des Sources de la Seine, chez Jacques et Marie-Jeanne Fournier. Des hôtes adorables ! C’est là que va véritablement commencer mon périple. Le gîte qui accueille randonneurs et cyclotouristes est perdu en pleine forêt, c’est une halte particulièrement… ressourçante. C’est le cas de le dire !
Bienvenue à Paris !
Le domaine des Sources de la Seine a été acheté en 1864 par la Ville de Paris, sur une proposition du baron Haussmann. Napoléon III y a fait construire une grotte qui abrite une statue de la déesse Sequana. Dans l’Antiquité, les anciens celtes la vénéraient et lui attribuaient des pouvoirs de guérison. C’est cette nymphe qui a donné son nom à la Seine… qui n’est ici qu’un modeste filet d’eau. On la voit à peine lorsqu’elle passe sous son premier pont, le pont Paul-Lamarche. Beaucoup moins connu et beaucoup plus petit que le pont Alexandre III.
Dimanche 3 septembre 2023
1ère étape : Source-Seine – étang de Grillande – Billy-lès-Chanceaux – Oigny – Duesme – Saint-Marc-sur-Seine – Aisey-sur-Seine – Buncey (60,7 km et D+ 661 m)
La Seine champêtre…
C’est une rivière très bucolique que je suis lors de cette première étape de 55 km, entre sa source et le petit village de Buncey. Limpide et paisible, elle coule au milieu des prairies, des champs et des forêts sur sa faible pente qui va donner à la Seine un caractère très tranquille tout au long de son parcours, un parcours tout en méandres et en sinuosités. Comme elle, je musarde, je prends mon temps et je profite du bon soleil de Bourgogne.
À noter pour les randonneurs qu’il existe également un sentier de grande randonnée qui suit la Seine, c’est le GR 2. Il part de la source et va jusqu’au Havre. À pied ou à vélo, à vous de choisir : la Seine vous attend !
Situé à 8 km de la source, Billy-lès-Chanceaux, 68 habitants, est le tout premier village traversé par la Seine
Lundi 4 septembre 2023
2ème étape : Buncey – Châtillon-sur-Seine – Vix – Mussy-sur-Seine – Courteron -Bar-sur-Seine (58,5 km et D+ 361 m)
Situé à 8 km de la source, Billy-lès-Chanceaux, 68 habitants, est le tout premier village traversé par la Seine. Un peu plus loin, à Châtillon-sur-Seine que domine l’église Saint-Vorles, le jeune fleuve prend un peu plus d’ampleur avec l’apport des eaux de la Douix. Cette jolie résurgence souterraine offre au voyageur un spectacle à vélo très rafraichissant.
J’ai quitté la Côte d’Or pour entrer dans l’Aube… où se trouvent les vignobles les plus au sud de l’appellation Champagne. L’Aube produit environ un quart de la production de Champagne. La plus grande partie étant bien sûr produite dans la Marne (environ 70 %). Ici ce sont des grappes de pinot noir qui attendent les premières vendanges. Les deux autres cépages utilisés en Champagne sont le chardonnay et le meunier. Ce terroir d’appellation Champagne est vraiment agréable de parcourir à vélo. Et sans modération !
Non loin de la Seine, à Essoyes, j’ai fait un petit détour pour aller voir la maison du peintre Pierre-Auguste Renoir qui appréciait beaucoup la lumière de cette région, d’où sa femme était native. Renoir a dû quitter cette maison pour raison de santé avant de s’installer dans le Midi, à Cagnes-sur-Mer où il est décédé en 1919. Mais sa tombe se trouve ici à Essoyes. Il y repose aux côtés de sa femme et de ses enfants.
Mardi 5 septembre 2023
3ème étape : Bar-sur-Seine – Marolles-lès-Bailly – Mesnil-Saint-Père – Géraudot – Rouilly-Saint-Loup – Troyes (65,7 km et 267 m de D+)
Je retrouve la Seine un peu plus loin, à Bar-sur-Seine. Le fleuve a pris un peu de largeur, il s’installe dans le paysage. Et l’on commence à percevoir cette lumière particulière de la Seine qui va tant plaire aux impressionnistes. À première vue, la Seine semble être un fleuve plutôt tranquille, mais parfois elle connaît des épisodes de crues.
L’une des inondations les plus importantes s’est produite il y a un peu plus d’un siècle. En 1910, toute la ville de Paris s’est retrouvée submergée. Il y avait tellement d’eau qu’il fallait se déplacer en barque.
Pour éviter qu’un événement comme celui-là se reproduise, trois grands lacs artificiels ont été créés en amont de Paris pour protéger la capitale : ils retiennent l’eau en cas de crue et en relâchent en période de sécheresse. Voici l’un de ses trois grands lacs : le lac d’Orient. En plus de retenir l’eau, il fait la joie des riverains à la belle saison. Ses rives sont bordées de très jolies plages et une piste cyclable en fait tout le tour. C’est très agréable d’y circuler à vélo.
Et tout autour des lacs, se trouve une immense forêt de feuillus. La Forêt d’Orient est traversée par de multiples itinéraires cyclables. Personnellement, j’ai beaucoup aimé cet endroit.
J’ai déjà parcouru plus de 120 km lorsque j’arrive dans la ville de Troyes, une ville à découvrir pour son patrimoine architectural remarquable. Avec ses maisons à pans de bois, l’ancienne capitale de la Champagne est une ville médiévale très bien conservée.
Elle dispose aussi d’un patrimoine religieux de toute beauté. Préservée des bombardements de la Seconde Guerre Mondiale, la cathédrale de Troyes offre au visiteur une des plus belles collections de vitraux de France. Troyes a d’ailleurs récemment inauguré une magnifique Cité du Vitrail afin de valoriser le savoir-faire des maîtres-verriers. Un métier qui perdure aujourd’hui encore aujourd’hui.
Mercredi 6 septembre 2023
4ème étape : Troyes – Saint-Lyé – Payns – Droupt-Sainte-Marie – Méry-sur-Seine – Romilly-sur-Seine (48,8 km et 59 m de D+)
À la sortie de Troyes, notre parcours nous emmène sur les berges du Canal de Haute-Seine. Un ouvrage créé par Napoléon 1er, mais qui aujourd’hui est fermé à la navigation. Une superbe voie verte entièrement réservée au vélo a été aménagée sur sa rive gauche au départ de Troyes. On peut y rouler en toute sécurité, pour le plus grand bonheur des cyclistes et de leurs enfants. 26 km en site propre de Barberey-Saint-Sulpice à Saint-Oulph. Sur la rive opposée, le chemin de contre-halage est réservé aux piétons, aux cavaliers et aux pêcheurs.
Jeudi 7 septembre 2023
5ème étape : Romilly-sur-Seine – Marcilly-sur-Seine – Pont-sur-Seine – Nogent-sur-Seine – Villiers-sur-Seine -Montereau-Fault-Yonne (75,1 km et 110 m de D+)
Impossible de les manquer… Deux panaches de vapeur d’eau s’élèvent dans le ciel lorsqu’on approche de Nogent-sur-Seine. Ils proviennent des deux tours de refroidissement de la seule centrale nucléaire implantée sur les bords de Seine. Mon vélo lui fonctionne à l’énergie humaine, la plus économique de toutes et la plus propre. Quoique la douche à l’arrivée de l’étape ne soit pas superflue…
Nogent c’est aussi la ville des grands moulins des bords de Seine. Au Moyen Age, les paysans de toute la Champagne apportaient ici leur blé afin qu’il soit transformé en farine. Au fil des siècles les moulins se sont modernisés. Les grands moulins Sassot que vous voyez sur l’image suivante ont cessé de fonctionner en 1990. Ils ont été remplacé par les grandes usines agro-alimentaires. Mais le bâtiment existe toujours. Il abrite aujourd’hui le siège social du groupe céréalier Soufflet, dont les immenses silos se dressent au bord du fleuve, sur le quai Sarrail.
Nogent-sur-Seine est le premier port fluvial que rencontre la Seine. On y charge principalement des conteneurs de céréales à destination de Rouen. Mais la faible profondeur du fleuve à cet endroit ne permet pas de faire naviguer de gros bateaux. Ce sont surtout des péniches à fond plat que l’on croise en aval de Nogent. À l’aide de « cavaliers », on y charge des conteneurs de céréales à destination de Rouen.
Nous voici tout doucement arrivés en Seine-et-Marne, à Montereau-Fault-Yonne. C’est ici que la Seine rencontre son premier gros affluent, l’Yonne. Tellement gros d’ailleurs que selon les critères hydrographiques qui prennent en compte le débit, c’est plutôt la Seine qui se jette dans l’Yonne. Le fleuve qui coule à Paris serait donc l’Yonne. Mais l’histoire a retenu le nom de la déesse Sequana. Et donc conservé le nom de Seine.
Vendredi 8 septembre 2023
6ème étape : Montereau-Fault-Yonne – Saint-Mammès – Thomery – Vulaines-sur-Seine – Samois-sur-Seine – Bois-le-Roi – Melun (46,8 km et 190 m de D+)
J’ai parcouru environ 330 km lorsque j’arrive dans une ancienne ville batelière, Saint-Mammès, située à la confluence de la Seine et du Loing. Pendant longtemps ici, on a vécu du transport fluvial artisanal. Mais depuis la fin des années 80, ce sont les camions qui transportent l’essentiel de la marchandise et beaucoup de ces péniches sont à l’abandon. Certaines sont à vendre et servent de résidence secondaire. Mais souvent elles ne sont plus en état de naviguer.
Entre Samois et Melun, nous sommes en région Île-de-France, et l’on trouve sur les rives de la Seine de magnifiques villas de vacances datant de la Belle Époque.
Dominant le fleuve, entre Samois et Melun, ces maisons rivalisent d’originalité et symbolisent la vie joyeuse d’avant la Grande Guerre. On appelle ces belles maisons, les affolantes des bords de Seine. Ce qui semble surtout affolant, ce sont les prix de vente de ces villas. Souvent plusieurs millions d’euros !
Il faut dire que le cadre de vie est idyllique. Ici, je suis en banlieue parisienne, mais nous sommes très loin de l’image que l’on en a souvent, c’est-à-dire un décor triste, gris et sans âme… Ici, c’est charmant. J’avoue avoir été conquis par cette partie de la Seine que je ne connaissais pas.
Ce soir, après avoir parcouru 360 km à vélo, je suis arrivé en Île-de-France !
Samedi 9 septembre 2023
7ème étape : Melun – Seine-Port – Morsang-sur-Seine – Corbeil-Essonnes (24,6 km et 115 m de D+)
À Dammarie-les-Lys, dans l’Essonne, je découvre les vestiges de l’une des plus belles abbayes cisterciennes de France reposant au milieu d’un grand parc. C’est l’Abbaye royale Notre-Dame du Lys… ou du moins ce qu’il en reste. Fondée en 1244 par Blanche de Castille et son fils Louis IX, dit Saint-Louis, elle fut détruite en 1793 sous la Révolution française… malgré l’opposition de la municipalité de l’époque.
En arrivant dans l’Essonne, nous nous rapprochons de plus en plus de Paris. Nous ne sommes plus qu’à une quarantaine kilomètres de la capitale et il est toujours agréable de rouler sur les bords de Seine, la piste est encore tout à fait bucolique.
À Corbeil-Essonnes, ce sont deux aspects du tissu urbain que je découvre. D’un côté, la ville historique en bord de Seine plutôt pimpante avec ses jardinières de fleurs. Et bientôt apparaissent les premières cités parisiennes, comme celle des Tarterêts. Un quartier de Corbeil-Essonnes où vivent plus de 6.000 habitants. Un quartier classé depuis 2012 en zone de sécurité prioritaire. On trouve ici les grandes problématiques des cités populaires : chômage, insécurité, drogue, violence. Le quartier est aujourd’hui en cours de réhabilitation.
Dimanche 10 septembre 2023
8ème étape : Corbeil-Essonnes – Viry-Châtillon – Montgeron – Villeuneuve-Saint-Georges – Choisy-le-Roi – Maisons-Alfort (30,1 km et 70 m de D+)
Banlieue-sur-Seine…. Changement de décor et changement d’architecture. Aux belles demeures des bords de Seine ont succédé les grands ensembles de Ris-Orangis, Viry-Châtillon et Juvisy-sur-Orge. Un gros avion blanc passe dans le ciel. L’aéroport d’Orly n’est pas loin. Je croise mon premier panneau indiquant la proximité de Paris. Le RER D passe à proximité. Une atmosphère beaucoup plus urbaine m’attend désormais…
Lundi 11 septembre 2023
9ème étape : Maisons-Alfort – Charenton-le-Pont -Paris -Meudon – Sèvres (23,4 km et 150 m de D+)
Cette fois, nous sommes tout près de Paris ! Voici le pont du Port à l’Anglais qui se trouve à Alfortville, non loin de la confluence entre la Seine et la Marne. Avec 514 km de long, la Marne est la plus grande rivière de France. Et voici l’entrée de la capitale ! J’en profite bien sûr pour prendre une petite photo-souvenir, ce n’est pas tous les jours qu’on arrive à Paris à vélo ! Nous sommes sur la rive droite de la Seine et derrière moi, deux étranges tours qui semblent de guingois. Ce sont les tours duos, deux gratte-ciels du 13ème arrondissement dessinées par l’architecte Jean Nouvel. La plus haute de des deux tours culmine à 180 mètres de haut !
En traversant Paris, mon projet était de suivre la Seine au plus près. Ce qui n’est pas difficile car le fleuve est équipé sur ses deux rives de belles pistes cyclables. Ce qui permet d’avoir un point de vue très agréable. Ici, on reconnaît les quatre tours de la bibliothèque nationale de France et juste en amont le pont de Bercy.
Un peu plus loin, en longeant la Seine sur sa rive droite, j’arrive devant l’Île Saint-Louis, puis devant l’Île de la Cité. Circuler ainsi à vélo au cœur de la capitale est particulièrement plaisant. Surtout depuis que la mairie de Paris a décidé en 2016 de fermer à la circulation les voies sur berge. Cela a suscité la colère des automobilistes, mais j’avoue que si l’on se place du point de vue des cyclistes, des piétons et des mamans avec leurs poussettes, c’est quand même génial de pouvoir circuler le long de la Seine sans danger. Et quasiment en silence !
Que seraient la Seine à Paris sans les bouquinistes ?
Présents depuis 450 ans sur les quais parisiens, ils ont pourtant failli être expulsés de leurs emplacements à l’occasion de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques 2024. Pendant plus de six mois, un bras de fer a opposé les bouquinistes à la Ville de Paris et finalement ils ont obtenu gain de cause. Les bouquins sont toujours là et les quais de la Seine ont gardé à la fois leur âme et leur identité.
Mardi 12 septembre 2023
Urban Street Art… Longeant la Seine sur sa rive droite, le tunnel du Jardin des Tuileries était à l’origine destiné aux automobilistes. Mais depuis 2016, ce tunnel de 860 mètres, est réservé aux mobilités douces et aux piétons. Un collectif d’artistes venus du monde entier lui donne désormais des airs de galerie d’art. Pour une fois qu’il est possible de faire du vélo dans un musée, pourquoi s’en priver ?
Difficile de ne faire que traverser Paris à vélo. Avant de pousuivre ma route vers la Normandie, Je décide de rester deux jours sur place. Afin de profiter un peu de la capitale… En voyage, il faut aussi savoir prendre son temps. Et pourquoi pas s’arrêter un peu.
La Ville de Paris compte au total 37 ponts traversant la Seine. Il est donc très facile de changer de rive à sa guise pour rouler d’un côté ou de l’autre du fleuve. Lorqu’elles sont réservées aux cyclistes et aux piétons, les voies sur berges de la capitale offrent sur la Seine une vue imprenable, comme ici sur le pont des Invalides et la tour Eiffel.
Jeudi 14 septembre 2023
10ème étape : Sèvres – Longchamp – Suresnes – Puteaux – Courbevoie – Asnières-sur-Seine – Argenteuil – Bezons (41 km et 160 m de D+)
Étant passionné de vélo, je n’ai pas pu faire autrement que d’aller rouler sur l’anneau de Longchamp qui se trouve à côté du bois de Boulogne. C’est un anneau cycliste de 3 km 6 de long, une boucle fréquentée toute l’année par des milliers de cyclistes parisiens. Ici, je roule derrière Martina Zagar, championne de France FFC des 40-44 ans. Je précise tout de suite que je n’ai pas réussi à la doubler.
Le quartier d’affaires de La Défense est l’un des sites les plus emblématiques du département des Hauts-de-Seine. De nombreuses entreprises françaises et étrangères, dont les poids-lourds du CAC 40, y ont leur siège. Plusieurs de ces tours dépassent 200 mètres de haut. Rouler à vélo dans le quartier de La Défense est vraiment impressionnant, on roule le nez en l’air…. mais il ne faut quand même pas oublier de regarder la route devant soi.
En arrivant à Asnières-sur-Seine, changement de décor. On retrouve une atmosphère beaucoup plus tranquille, presque provinciale. La circulation est moins dense, les gens marchent moins vit. La trépidante vie parisienne semble avoir disparue…
Asnières est célèbre pour accueillir le premier cimetière d’animaux créé au monde. Il a été inauguré en 1899 et depuis cette date, il a accueilli quelque 90.000 animaux. Surtout des chiens et des chats. Mais on y trouve aussi, des oiseaux, des chevaux et même un lion. On y trouve aussi la tombe du célèbre Rintintin, le berger allemand de la série télévisée de notre enfance… Enfin disons, pour l’enfance des plus de 60 ans dont je fais partie.
Au nord-ouest de Paris, on ne trouve pas toujours de piste cyclable aménagée. Il faut se faufiler tant bien que mal dans la circulation en évitant de se retrouver par erreur sur une bretelle d’accès autoroutière. Cela demande pas mal de vigilance.
En suivant la Seine, on arrive à Argenteuil, où le peintre Claude Monet a vécu quatre années de 1874 à 1878. Il y a peint de nombreuses toiles. Ici, à cause de l’industrialisation et de l’urbanisation, le paysage a beaucoup changé depuis le XIXème siècle. Dans un fouillis de végétation, jai difficilement réussi à retrouver le cadre où Monet a peint en 1874 le pont ferroviaire d’Argenteuil.
150 ans séparent les deux images… Le train à vapeur et les jolis voiliers ont disparu. La Seine est toujours là et la lumière, qui avait tant séduit Claude Monet, semble n’avoir pas changée. Elle est toujours aussi belle. Tout ne disparaît pas avec le temps qui passe…
Vendredi 15 septembre 2023
11ème étape : Bezons – Chatou – Croissy – Le Pecq – Sartrouville – La Frette-sur-Seine – Conflans-Sainte-Honorine (33,1 km et 80 m de D+)
Voici un petit matin en banlieue parisienne. Nous sommes à Bezons, dans le Val-d’Oise. Il est 6h du matin et le pont qui enjambe la Seine est saturé de véhicules. La circulation est totalement bloquée en direction de la capitale. C’est la vie quotidienne des banlieusards. Pour survivre ici, la patience est une qualité indispensable. Il n’y a pas un bruit. Personne ne klaxonne.
Je reste un long moment à regarder le jour se lever sur le pont de Bezons.
En arrivant à Nanterre, j’aurais pu vous montrer les immenses ensembles de HLM et les cités grises de la banlieue, mais j’ai choisi de rester dans l’ambiance impressionniste avec cette vue de la Seine dont les eaux semblent absorber toute la lumière du ciel.
Arrivant dans les Yvelines, je m’arrête bien évidemment à Chatou, sur l’Île des Impressionnistes. Un endroit très fréquenté au XIXe siècle par des peintres comme Renoir, Monet ou Caillebotte. Ils aimaient beaucoup ces paysages de bord de Seine.
C’est là qu’Auguste Renoir a peint entre 1880 et 1881 son célèbre Déjeuner des canotiers, une toile exposée aujourd’hui dans un musée de Washington. J’ai voulu retourner au même endroit où le tableau a été peint, c’est-à-dire sur la terrasse de la Maison Fournaise. Les canotiers et leurs jolies compagnes ont disparu, mais il reste la lumière, la douceur et le charme des bords de Seine. À noter pour les gourmets, que la Maison Fournaise est une excellente table.
En suivant la Seine sur sa rive droite,j’emprunte une belle piste cyclable qui me fait passer à Bougival, Croissy, Le Pecq… Un très agréable parcours le long du fleuve sur un ancien chemin de halage.
À noter sur cet ancien panneau routier, la mention Seine-et-Oise. C’est un département qui n’existe plus : il a disparu lors de la réorganisation administrative de la région parisienne en 1968.
Et en apercevant sur le chemin mon premier panneau indiquant Le Havre, je réalise que je me rapproche tout doucement du terme de cette aventure le long de la Seine. Mais heureusement, elle n’est pas tout à fait terminée. Direction Conflans-Sainte-Honorine.
Samedi 16 septembre 2023
Conflans-Sainte-Honorine fut jadis une cité batelière de première importance car la ville se situe à la confluence de l’Oise qui permet ainsi à la Seine d’être reliée au nord de la France et à la Belgique. Jusqu’à la fin des années 80, des milliers de péniche chargées de charbon s’arrêtaient ici. Rendue populaire par le feuilleton TV des années 60 L’Homme du Picardie, la batellerie traditionnelle a disparu. Les péniches servent aujourd’hui de résidence secondaire, quand elles ne sont pas carrément abandonnées
À la grande époque, Conflans-Sainte-Honorine disposait d’un internat qui accueillait les enfants des bateliers. Très souvent, le père et la mère travaillaient ensemble sur les péniches et ils partaient naviguer sur les canaux de France et d’Europe, parfois jusqu’en Allemagne. Et à Conflans, leurs enfants restaient des mois et des mois en pension sans voir leurs parents.
Amarré sur un quai de Conflans, je croise l’ancien chaland Langemark. Il transportait à l’origine du charbon entre Paris et Rouen. Rachetée par un prêtre en 1936, cette péniche a été transformée en chapelle flottante. C’est la seule en France. Rebaptisée Je sers, elle est devenue aujourd’hui la paroisse des mariniers.
Dimanche 17 septembre 2023
12ème étape : Conflans-Sainte-Honorine – Andrésy – Poissy – Médan – Les Mureaux – Mantes-la-Jolie (53,9 km et 173 m de D+)
Comme elle en a désormais l’habitude depuis sa sortie de la capitale, la Seine ralentit son cours et s’allonge en d’interminables méandres. Favorisé par une faible pente qui permet au cycliste de rouler sans effort, le fleuve serpente et semble peu pressé de se jeter dans la Manche. Cela tombe plutôt bien, car moi aussi j’ai envie de prendre mon temps en suivant ses rives. Pas question de couper au plus court. C’est d’ailleurs dans une des boucles de la Seine que je découvre à Médan la maison qu’occupa Émile Zola de 1878 à 1902. Il y créa ses principaux chefs-d’œuvre, dont Germinal, Nana, La Bête humaine et Au Bonheur des Dames.
Je retrouve la Seine un peu plus loin à Mantes-la-Jolie, bien connue pour sa magnifique collégiale Notre-Dame qui se reflète dans les eaux du fleuve.
Lundi 18 septembre 2023
13ème étape : Mantes-la-Jolie – Vétheuil – Haute-Isle – La Roche-Guyon – Gommecourt – Giverny – Vernon (51,1 km et 249 m de D+)
Peu familier de ce département, j’avoue avoir été séduit par les paysages du Val-d’Oise. Claude Monet, fasciné par la douceur et la beauté de la lumière, l’a également été et il a peint ici de nombreuses toiles. Ce bord de Seine à Vétheuil m’a particulièrement plu. C’est pourquoi j’ai décidé d’en faire la couverture de mon livre La Seine en roue libre, publié aux Éditions Transboréal.
Circulant avec bonheur dans ce beau département, j’approche peu à peu de la Normandie. À Haute-Isle et à Gommecourt, je commence à apercevoir les falaises de craie. C’est le même calcaire blanc que l’on retrouve sur les célèbres falaises d’Étretat.
De la fiction à la réalité… Comme beaucoup d’enfants, j’ai découvert l’existence du château de La Roche-Guyon en lisant les aventures de Blake et Mortimer, du génial Edgar P. Jacobs. C’est dans l’album intitulé Le Piège diabolique, que le professeur Philip Mortimer découvre cet édifice médiéval adossé à la falaise de craie. Mais je ne suis pas descendu dans la crypte de Miloch… Pas question de m’y retrouver comme lui coincé au Moyen Âge. Ou pire encore… au Crétacé !
Cette fois, j’ai quitté l’Île-de-France pour arriver dans l’Eure, en Normandie. L’un des lieux les plus visités de ce département, c’est bien sûr Giverny, le village d’un peintre mondialement connu : Claude Monet.
Sa grande maison de Giverny attire toujours un grand nombre de visiteurs et à l’entrée se pressent des touristes venus du monde entier. Il faut dire que l’endroit est magiqu et je décide d’y rester une journée entière. Claude Monet a vécu ici de 1883 jusqu’à sa mort en 1926. Il a donc passé à Giverny avec sa famille les 43 dernières années de sa vie. On peut voir son atelier qui est resté identique à celui où le maître de l’impressionnisme a peint ses plus belles toiles.
Claude Monet avait la passion de la peinture, mais aussi celle du jardinage. À Giverny, il a créé de toute pièce un magnifique jardin inondé de fleurs. On n’y dénombre pas moins de 200 espèces de fleurs différentes, un jardin foisonnant et coloré où Monet puisait son inspiration. Mais son chef d’œuvre est sans doute son jardin d’eau… Monet pouvait passer des journées entières ici à contempler les reflets du ciel dans l’eau, les mouvements de la lumière et essayer d’en saisir toutes les vibrations. C’est devant ce bassin de nénuphars qu’il a notamment peint sa célèbre série des Nymphéas. On reconnaît dans le fond le pont japonais que l’on retrouve sur nombre de ses tableaux.
Et c’est à Giverny que repose aujourd’hui Claude Monet. Il y a quelques années, un président de la République avait souhaité transférer les cendres de Monet au Panthéon, mais sa famille a refusé. Il me semble en effet que le peintre est beaucoup mieux ici, en pleine lumière, parmi les plantes et les fleurs qui ont envahi sa tombe plutôt que sous les voûtes du Panthéon, tristes et froides.
leur S’il y a autant de touristes à Giverny, c’est aussi parce que beaucoup d’entre eux font escale à Vernon, à quelques kilomètres en aval. La Seine peut se parcourir à vélo, à pied, mais aussi en bateau de croisière. Des bateaux qui accueillent à leur bord une centaine de passagers au départ de Paris ou de Rouen. Vernon est célèbre pour son vieux moulin. Il est situé sur un pont médiéval du XIIème siècle qui jadis enjambait la Seine.
Mercredi 20 septembre 2023
14ème étape : Vernon – La Chapelle-Longueville – Les Andelys – Saint-Pierre-du-Vauvray – Val-de-Reuil – Léry (58,9 km et 260 m de D+)
La Seine à vélo n’est pas un itinéraire difficile à parcourir. Dans le département de l’Eure, l’altitude moyenne se situe autour de 150 mètres. On n’est pas dans les Alpes. Et les pistes cyclables sont bien aménagées. Une région idéale pour la pratique du vélo et très prisée des Parisiens. À Pressagny-l’Orgueilleux, on trouve d’ailleurs de vastes propriétés et de superbes maisons de maître protégées par de lourdes grilles.
En Normandie, la Seine a créé de nombreux méandres et dessine, telle une artiste, de splendides paysages. Aux Andelys, le fleuve coule au pied des falaises de craie et des vestiges de Château Gaillard. Il s’agit de la forteresse construite au XIIème siècle par Richard Cœur de Lion, roi d’Angleterre et duc de Normandie.
La Normandie est aussi réputée pour son beurre, sa crème fraîche et bien sûr son fameux camembert. Les vaches normandes sont donc très nombreuses dans les prairies. Elles sont généralement blanches avec, sur le pelage, plus ou moins de taches marron foncé. C’est une vache réputée pour son lait, mais aussi pour sa viande. Elle est désormais présente un peu partout dans le monde.
Autre emblème de la Normandie : les belles maisons traditionnelles avec leurs colombages et leurs toits de chaume faits de seigle, de roseau ou de bruyère. Il en existe encore beaucoup en Normandie. Ce sont vraiment des maisons de carte postale. Même si toutes les toitures ne sont pas faites de chaume, ces maisons ont néanmoins beaucoup de charme et peuvent atteindre à la vente des sommes élevées. C’est la proximité de Paris qui fait allégrement grimper les prix. La capitale est à moins d’une heure trente en voiture. On peut donc aisément y venir en week-end. Et les Parisiens ne s’en privent pas.
Jeudi 21 septembre 2023
15ème étape : Léry – Pont-de-l’Arche – Elbeuf – Orival – Oissel – Saint-Étienne-du-Rouvray – Rouen (45,5 km et 130 m de D+)
Pendant ce temps-là, la Seine suit son cours. À présent, j’ai quitté le département de l’Eure pour entrer en Seine-Maritime et à mesure que l’on se rapproche de l’océan, le trafic fluvial s’intensifie. Il est fréquent de croiser une péniche lourdement chargée de conteneurs. Descendant le fleuve, celle-ci navigue en direction de Rouen.
Vendredi 22 septembre 2023
Et c’est précisément à Rouen que je me trouve à présent. Je décide d’y rester à nouveau une journée entière. C’est une ville très agréable pour y déambuler au milieu des maisons à pans de bois. On reconnaît ici l’énorme cadran du Gros-Horloge.
La capitale normande compte environ 2 000 maisons à colombages classées, dont certaine remontent au Moyen Âge. 2 000, c’est beaucoup, mais elle comptait encore bien davantage avant la seconde guerre mondiale. En 1944, Rouen a en effet été bombardée par les Américains et par les Anglais et près de 700 maisons ont été détruites à cette époque.
Rendue célèbre dans le monde entier par les toiles de Claude Monet qui l’a peinte à différentes heures de la journée. La cathédrale de Rouen est la plus haute de France. Sa façade est sublime et sa flèche culmine à 151 mètres alors que celle de Notre-Dame de Paris, nouvellement reconstruite, n’atteint que 96 mètres. Avec mon appareil photo, j’essaie de retrouver le cadre choisi par l’artiste pour peindre ce monument exceptionnel. Pas facile…
Autre site emblématique de la ville de Rouen, la place du Vieux-Marché. C’est là qu’en 1431 Jeanne d’Arc a été brûlée vive par les Anglais qui à l’époque occupaient la Normandie. Une église moderne a été construite en 1979 sur l’emplacement de son supplice. Si l’extérieur de l’église n’est pas franchement extraordinaire. L’intérieur en revanche est de toute beauté avec cette grande baie lumineuse ornée de vitraux monumentaux.
Les peintres impressionnistes ont été nombreux au 19ème siècle à avoir été séduits par la lumière de la Seine. On peut admirer quelques-unes de leurs œuvres comme ce tableau de d’Alfred Sisley au Musée des Beaux-Arts de Rouen qui rassemble une des plus belles collections de province. Ne manquez pas d’aller le visiter !
Samedi 23 septembre 2023
16ème étape : Rouen – Croisset – Sahurs – La Bouille – Bardouville – Jumièges 49,2 km et 120 m de D+)
Information importante à connaître. En Normandie, il n’y a pas partout de ponts pour traverser la Seine. Alors pour passer d’une rive sur l’autre, il faut utiliser le bac. Le passage est gratuit et le bateau embarque aussi les vélos, c’est très pratique.
La Seine à vélo est un parcours plutôt plat et accessible à tous. Mais en suivant le chemin du Roy qui longe la rive gauche de la Seine du côté de Bardouville, je dois forcer sur les pédales.
Devant moi, j’aperçois deux cyclistes qui poussent leurs vélos dans une côte assez raide. C’est la seule ascension de ce parcours plutôt plat. Je rejoins bientôt les deux voyageurs. Il s’agit d’un couple de retraités originaires du Havre. Sur cet itinéraire encore peu fréquenté, je n’ai pas croisé beaucoup de vélos. Ce sont les premiers que je vois depuis Paris.
Et voici l’Abbaye de Jumièges dont Victor Hugo disait qu’elle était « la plus belle ruine de France ». Fondé vers 654 par Saint-Philibert, ce monastère cistercien fut vendu comme bien national pendant la période révolutionnaire, détruit en partie et transformé en carrière de pierres. Bouleversé par ce spectacle navrant, Victor Hugo écrivit en 1837 les vers suivants « Muette en sa douleur, Jumièges gravement / Étouffe un triste écho sous son portail normand ». Mais même à l’état de ruine et dépourvue de sa toiture, l’abbaye de Jumièges reste néanmoins impressionnante. On s’y sent vraiment tout petit.
Dimanche 24 septembre 2023
17ème étape : Jumièges – Le Trait – abbaye de Saint-Wandrille – Caudebec-en-Caux – Villequier – Petiville – Lillebonne – Tancarville – La Cerlangue (69,8 km et 355 m de D+)
Mon voyage le long de la Seine se poursuit et touche bientôt à sa fin. En arrivant à Caudebec-en-Caux, je ne suis plus qu’à une cinquantaine de kilomètres du Havre, ma destination finale. La Seine est devenue ma compagne de tous les jours et je m’apprête à la quitter. Alors j’essaie de profiter de chaque instant. Et une jolie passante me prend en photo pour immortaliser ce moment qui deviendra un beau souvenir.
Ici, à chaque période d’équinoxe et lorsque les coefficients de marée étaient les plus forts, le flot montant venu de la mer venait rencontrer le courant descendant de la Seine et créait ainsi une vague énorme appelée le mascaret. À Caudebec-en-Caux, ce spectacle impressionnant attirait des foules de curieux, parfois au péril de leur vie. En 1963, le lit de la Seine a été creusé, faisant disparaître à tout jamais le mascaret. Pour en savoir davantage sur le fleuve et le mascaret, j’ai visité avec beaucoup d’intérêt le Museoseine, à Caudebec-en-Caux.
Un peu plus loin, à Villequier, ce n’est pas le mascaret qui a provoqué le naufrage dans lequel ont péri la fille de Victor Hugo et son mari. En 1843, c’est un violent coup de vent qui a renversé leur bateau et précipité dans la Seine Léopoldine Hugo et Charles Vacquerie. Voyant Léopoldine en train de se noyer, Charles son mari a tenté à six reprises de plonger pour la remonter. C’était un excellent nageur… Mais n’y parvenant pas, il a préféré mourir avec elle.
Les deux jeunes époux sont enterrés ensemble dans le petit cimetière de Villequier. Victor Hugo ne s’est jamais remis de la mort de sa fille chérie. C’est en évoquant ce cimetière qu’il a écrit ces vers célèbres que vous connaissez tous : « Demain dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne, je partirai. Vois-tu, je sais que tu m’attends. J’irai par la forêt, j’irai par la montagne. Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps »
À présent, c’est une Seine canalisée et corsetée par des digues que je suis à vélo. Ses berges ont été aménagées de manière à permettre la navigation de très gros bateaux entre Rouen et Le Havre. Des bateaux comme ce vraquier qui mesure 184 mètres de long. Ce sont des navires de haute mer. On ne voit pas de tels navires sur la Loire, ni sur aucun autre fleuve français.
Compte tenu de la taille importante des bateaux qui naviguent sur la Seine entre Rouen et Le Havre, il a fallu construire des ponts en conséquence. Voici le pont suspendu de Tancarville. La hauteur libre sous le pont est de 50 mètres. Les pylônes qui supportent l’édifice culminent à 123 mètres.
Lundi 25 septembre 2023
18ème étape : La Cerlangue -Tancarville – réserve naturelle de l’Estuaire – Le Havre (60 km et 70 m de D+)
Si vous traversez la Seine pour passer en rive gauche, vous arrivez à Honfleur. Une des villes normandes préférées des touristes et surtout des Parisiens qui sont très nombreux en été à venir s’y promener. Son port, ses quais, son vieux bassin, ses ruelles pavées sont autant de charmantes cartes postales.
Sur la rive droite, ma route me conduit au Havre, une ville entièrement tournée vers la mer. L’un de ses monuments les plus emblématiques est sans doute cette arche de conteneurs, une sculpture construite sur le port. Elle est composée de 21 conteneurs de toutes les couleurs. On dirait un Lego géant. Cette sculpture symbolise l’importance du trafic maritime.
Le Havre est le premier port français pour le trafic de conteneurs. Avec ses grues de levage géantes et ses équipements ultra modernes, Le Havre peut traiter jusqu’à 3 millions de conteneurs par an. Soit deux fois plus que le port de Marseille-Fos !
Le Havre est aussi célèbre pour son architecture signée Auguste Perret. En septembre 1944, la ville a été presque entièrement détruite par les bombardements des Britanniques qui voulaient chasser les Allemands. Auguste Perret a reconstruit la ville avec des immeuble en béton, ce qui à l’époque était totalement révolutionnaire. Et ce qui donne aujourd’hui au centre-ville une architecture tout à fait originale.
Et voici la Manche… En face, c’est l’Angleterre. Cette fois, je n’irai pas plus loin. Après avoir parcouru plus de 800 kilomètres à vélo depuis la Côte d’Or, j’arrive à la fin du parcours. J’ai découvert tour à tour une Seine bucolique, agricole, fluviale, urbaine, industrieuse, historique, maritime. La Seine des peintres et des écrivains. La Seine des berges verdoyantes, des banlieues grises et des quais parisiens. Pour elle, comme pour moi, le voyage s’arrête ici…
Si le fleuve fait officiellement 777 kilomètres de long, j’ai parcouru en réalité 951 kilomètres depuis Dijon où je suis arrivé en train depuis Marseille. Le dénivelé positif total (4 300 m) n’est pas très important compte tenu de la distance ! Cela représente une moyenne de 226 m de D+ par jour (en comptant le prologue depuis Dijon). Ce qui fait de la Seine à vélo un itinéraire accessible à tous ! Et si vous souhaitez en savoir davantage cette belle aventure, je vous conseille de lire La Seine en roue libre, publié aux Éditions Transboréal. Vous y ferez d’autres découvertes et bien des rencontres ! Bonne lecture et bonne route !
Crédits documents et photos
Carte du bassin de la Seine © Marc Alaux, Transboréal ; Crue de la Seine en 1910 © AFP (Files) ; Le Pont d’Argenteuil, par Claude Monet ; Le Déjeuner des Canotiers, par Auguste Renoir ; Les enfants de la batellerie ; Cathédrale de Rouen, par Claude Monet ; Voilier sur la Seine, par Alfred Sisley (Musée des Beaux-Arts de Rouen) ; Le mascaret à Caudebec-en-Caux © MuseoSeine ; Portrait de Léopoldine Hugo, Maison Vacquier à Villequier. Tous les autres documents ou photos sont © Jean-Louis Boudart
